Guide… malgré moi

Je disais souvent : « Je n’ai pas fait quatre ans d’université pour devenir guide. » Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais :)

À l’époque, j’avais une image assez caricaturale du métier : un hippie professionnel, toujours en saison, au même endroit, qui se distingue par son ego et ses exploits techniques. Si c’était ça, je ne voulais pas être guide.

Ensuite, je commençais à « guider » à l’international, mais j’avais du mal à me présenter comme guide. Je me voyais plutôt comme une accompagnatrice de voyage. La technique, la logistique, la sécurité, la connaissance fine du terrain — je les laissais volontiers aux équipes locales avec qui je collaborais. Moi, j’étais là pour créer du lien, transmettre une sensibilité, faciliter les rencontres.

Sur le chemin, j’ai rencontré des guides inspirants. Des êtres passionnés, à l’écoute, capables d’ouvrir des chemins en douceur. Ils m’ont montré qu’être guide, c’est bien plus que connaître un lieu ou mener un groupe. C’est être un excellent communicateur, un organisateur discret mais solide, un fin observateur des dynamiques humaines. Et dans le contexte de l’aventure, c’est aussi maîtriser la technique, assurer la sécurité, garder l’œil ouvert et le cœur engagé.

Alors, avec les années — et quelques rides d’expérience ;) — ma vision a changé.

Aujourd’hui, je porte ce rôle avec fierté. Parce que je me sens prête. Parce que mon coffre à outils s’est bien rempli : formations, lectures, brevets, expériences de terrain, et surtout… des amitiés tissées un peu partout dans le monde et un réseau de guides extraordinaires avec qui je continue d’évoluer.

Retour au CVagabond de Mariana