Changement de cap
Avant qu’un bon ami ne me propose, un peu sur un coup de tête alors que je venais d’avoir 18 ans : « On part en Europe avec nos sacs à dos! » (je lui en serai reconnaissant toute ma vie…), je trouvais mon bonheur dans la musique ainsi que dans l’acte de faire la fête. Jusqu’à ce que le projet Europe se réalise et devienne un périple sur le pouce entre Bruxelles et le Maroc, question d’économiser les quelques francs amassés lors de nos contrats de vendanges en France. À une époque pré-internet où, en plus, on ne s’était même pas donné la peine de se procurer un guide de voyage, le choc culturel en pays musulman opéra tel une aiguille dans le bras d’un junkie : j’allais devenir accroc aux voyages. Je réalisai ensuite, lors de subséquents périples dans plusieurs autres pays musulmans, là où l’alcool était difficilement accessible, que je n’en avais plus vraiment besoin… ou moins envie disons. Je trouvais mon « buzz » dans la rencontre des autres cultures. Cet état de béatitude mena ma curiosité jusqu’à entamer des retraites silencieuses de dix jours (qui sont en fait des cours de méditation connu sous le nom de Vipassana), et c’est à partir de là qu’un virage à 180 degrés s’effectua naturellement : à vingt-huit ans je devenais sobre et ma nouvelle vie commençait. Un besoin de grand air et de quitter le monde des arts graphiques et de l’imprimerie (il faut dire que j’avais passé pas mal de temps dans des chambres noirs…), un retour aux études en tourisme d’aventure, et ma prof qui, connaissant Richard Rémy, le boss de Karavaniers à l'époque, l’avait convaincu de me rencontrer. Le boss me donnait ma chance! De la gestion du matériel d’expédition à la planification de circuits, en passant par la présentation de conférences jusqu’en Gaspésie, et l’implication dans les opérations et le développement. En plus de guider : kayak de mer à Baja California au Mexique, au Panama, en Guadeloupe, sur le lac Powell en Utah/Arizona et au Groenland; plusieurs treks au Népal et en Tanzanie; bref, je dois beaucoup à Richard Rémy et à Karavaniers. Mais peut-être surtout à ma prof du Collège Mérici. Merci Anne.